En plongeant dans l’énormité du projet Yoroï, d’Orelsan, j’ai pris une claque au moment où je m’y attendais le moins. Le début du documentaire dans les coulisses du film est une masterclass. Le thème : utiliser les codes des réseaux sociaux pour absorber n’importe qui dans un contenu long.
YOROÏ, C’EST :
– un film
– un album
– un documentaire
Le film : bien
L’album : très bien
Le documentaire : une masterclass
J’ai un stress permanent dans mes missions : être condamné à ne faire que des contenus courts. Et l’analyse du projet Yoroï me détend.
Tu rentres dedans via un réel.
Tu passes à une interview plus longue d’Orelsan.
Tu te laisses tenter par le film et tu te poses au cinéma.
Puis t’écoutes un ou plusieurs sons de l’album.
Tu revois passer des interviews de promo.
Et tu découvres ensuite le documentaire.
Et c’est en débutant Yoroï, un an dans l’armure, que j’ai pris la plus grosse claque. Le documentaire débute par 40 secondes intrigantes d’une sorte de prière japonaise. C’est lent. Le calme avant la tempête. Après ça, tu es aspiré comme devant la succession des meilleurs réels Instagram de la semaine ou des TikTok les plus hypnotisants.
- Question à Orelsan : c’est le projet où t’as le plus de pression ? Réponse illustrée : « Ouai grave. Le plus de pression. Celui où j’ai le plus taffé, je crois : la musique, l’entraînement, le physique, l’acting. Chaud »
- Un générique ultra dynamique
- Orelsan présente le studio Toho : belles images, texte animé dans un style original, images « vintage » pour présenter les grands moments du studio, on apprend qu’Orelsan sera la voix-off du docu avec du motion design, tout ça en moins d’une minute
- Extraits du film, croquis du petit camion du film, rewind, extraits d’un clip, moments de vie, notes et dessins du film, toujours en moins d’une minute
- Présentation d’Ablaye et Skread, réunion d’avant tournage, …
Le documentaire ne te laisse pas le choix. Tu es dedans. Il absorbe les codes des réseaux sociaux et les transcende. La pression imposée par le montage retombe après cet enchaînement, mais c’est trop tard pour décrocher. Après 16 minutes, tu te rends comptes que le premier épisode se termine déjà… et tu es lancé dans le suivant.
J’en reviens à mon stress d’être condamné à participer à la dictature du contenu court. Pourquoi l’analyse du projet Yoroï me détend ?
Parce qu’on y trouve les bons leviers pour garder n’importe qui sur un contenu long. Là, on parle de vidéo. Mais la mécanique est aussi valable pour du contenu rédactionnel.
Conclusion : ne vous interdisez pas de produire du contenu long, mais adaptez-le. Et menez votre communauté à ces contenus grâce à des contenus courts, bien pensés. Piégez la dictature du court pour relancer une ère du long. Et laissez une trace durable dans l’esprit de vos cibles !
PS : il y a un an, notre équipe a produit un documentaire sur l’arrivée d’investisseurs américains au RFC Liège. Nous avions choisi de le débuter par un générique dynamique reprenant les images-clés du film, puis par quelques images calmes et deux interviews, pour plonger les supporters du club dans l’émotion.


