Vocation : merci pour tout, Monsieur Toriyama

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C’est un billet totalement personnel que je pose aujourd’hui. Akira Toriyama, l’auteur (entre autres) de Dragon Ball, nous a quittés le 1er mars 2024. Ce n’est qu’aujourd’hui 8 mars, que la nouvelle est officialisée au monde entier, laissant des millions, voire des milliards de gamins se réveiller avec le cœur dans une attèle, dont je fais partie.

Akira Toriyama nous a quittés. Un peu mon « London Bridge is down » à moi, tout personnel. Je me suis demandé si c’était le meilleur endroit pour faire ce billet, avant de réaliser qu’il n’y avait pas plus idéal, puisque si le 1/3 de Line Up Team que je représente existe, c’est aussi grâce à l’impact phénoménal que le Dragon Ball d’Akira Toriyama a eu dans ma vie, celui-là même à l’origine de ma vocation à créer.

Je vous en parlais dans ma bio, je n’avais que 4 ans lorsque mes deux grands frères m’ont placé devant le Club Dorothée avec eux pour regarder la ribambelle d’animes diffusés à l’époque. Quelques dizaines (centaines ?) de Kamehameha mimés plus tard, c’est au Noël 1997 que ma mère m’offre « Le grand livre de Dragon Ball », un recueil d’illustrations du maître, lequel allait littéralement devenir ma Bible, mon livre sacré d’entraînement au dessin, le déclencheur de tout. J’ai dû reproduire plus d’une cinquantaine d’illustrations, avec du papier calque d’abord, puis à main levée, sans cesse encouragé par une maman toujours plus ébahie par mes œuvres. (Encouragez vos enfants, c’est important !!!).

Dragon Ball a été le point de départ de tout, et le trait de Toriyama est encore à ce jour profondément ancré dans mon ADN. C’est parce que je me suis passionné pour le dessin que je me suis intéressé à l’art digital, puis à Photoshop, puis à l’art visuel au sens large, avant de devenir l’homme et l’artiste que je suis aujourd’hui. L’origine de tout ça, c’est l’art d’Akira Toriyama.

Dans une interview de 1995 présente à la fin du grand livre de Dragon Ball, il déclare : « C’est lorsque j’invente, que j’innove, que je prends le plus de plaisir. ». Il y parle aussi de son studio de travail de l’époque, avec quasi aucune documentation, juste une télé qui diffuse des films qui l’inspirent, et « quelques maquettes de voitures et d’avions utiles pour les illustrations. » Il se qualifie bien volontiers de « feignant » et de « flemmard », marchant bien plus au feeling et à l’inspi du moment plutôt qu’à la méthode rigoureuse. Un mec ordinaire en somme, qui aime produire des choses selon ce qui le passionne. L’homme comme l’artiste que je suis aujourd’hui communie avec lui en tous points, mais au moment de lire « sérieusement » ces lignes pour la première fois vers 1999 ou 2000, je ne le savais pas encore.

« Récemment, j’ai eu un enfant, un garçon. Je suis enfin devenu père. Je crois que je suis un peu déçu qu’on ne puisse plus sortir et s’amuser sans se soucier de quoique ce soit, avec ma femme. Mais quand il sera plus grand, on pourra sortir tous les trois ensemble, et vu qu’il est vraiment très mignon, je le pardonne. En plus, je peux utiliser mon gosse comme excuse pour aller dans des magasins de jouets. Résultat de tout ça, j’aide à changer les couches tout en dessinant ».
— Akira Toriyama, 1987

Un « mec ordinaire » disais-je, à l’origine d’un phénomène planétaire, puisque c’est ce qu’est devenu Dragon Ball, malgré lui. Imaginez le nombre de gamins dont le cœur a été touché et la vie chamboulée par l’œuvre du monsieur. Impossible de mesurer l’impact culturel et le nombre d’œuvres directement influencées par Toriyama.

Je me sens désolé d’orienter tout ce post hommage à Toriyama autour de Dragon Ball, alors que l’homme a travaillé sur tant de projets (Dr. Slump, Chrono Trigger, Dragon Quest, …), et qu’il était manifestement fatigué et lassé de travailler sur DB. Après tout, quel artiste serait content de bosser pendant 40 ans sur le même projet ? Malgré ça, sa « contribution » vaporeuse aux projets récents autour des médias Dragon Ball continue d’être brandie comme un totem, une garantie de qualité que chacun sera libre de juger. Le tout dernier travail d’Akira Toriyama sur l’univers DB était donc l’anime Dragon Ball Daima encore à paraître, sur lequel il avait déclaré « avoir bossé plus que d’habitude » en message diffusé suite au premier trailer. Si on devine que la cash machine Dragon Ball ne lui appartenait plus vraiment, le projet Daima porte effectivement les traits du maître avec une claire orientation aventure et des combats à priori moins pop-corn. Et il sera bien difficile de ne pas penser au monsieur au moment de regarder les épisodes…

Merci pour tout, maître Toriyama. On va enfin vous foutre la paix avec Dragon Ball. Merci d’avoir marqué ma vie, sans doute sans le faire exprès !

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Jessy Cencig

Cogérant et cofondateur de Line Up Team. Manager création graphique et vidéo.

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